15 mai 2012

La cible

Souvent j'ai l'impression que la plupart des conflits viennent d'un manque de ciblage.

Il me semble que notre manque d'auto-perception rend floue l'analyse des situations que nous traversons; bien que celles-ci puissent nous sembler simples.

Ce n'est pas tant que notre ressenti soit intégralement faux. Il n'est simplement pas assez ciblé.

Prenons un exemple :

Si je dis juste à quelqu'un qu'il m'indispose, sans me justifier davantage, le retour donné pourra certes être indifférent ou affecté mais aussi, pour des tempéraments plus soupe-au-lait, belliqueux.

Si, au contraire, je rentre dans le détail de mon irritabilité pour en percevoir la cause-racine, je créerais alors presqu'un effet miroir du comportement de celui qui m'incommode. Il reconnaitra (toute mauvaise foi laissée à l'écart, s'entend) plus aisément la nature de ses actes. Ma parole faisant le lien entre l'acte et l'irritabilité permettra de mieux comprendre en quoi il y a un lien de cause à effet entre son comportement et mon ressenti. Son énervement sera certainement alors plus contenu.

Il est facile de nier l'effet que l'on crée sur une personne car si ce n'était pas notre intention principale nous ne verrons pas le lien logique qui s'est tissé dans l'ombre.

Le but de la cible dans le langage est de redessiner les pourtours de la logique qui nous est propre pour la rende visible à autrui.

Cibler le dialogue est alors comme paver la communication, accompagner l'autre vers notre ressenti.

Et, si, alors il était facile de nier la conséquence, il devient plus facile de comprendre la cause et donc de démonter les rouages d'un éventuel conflit.

Delphine LAMOTTE

26 mars 2012

Humana animalis

Non à l'abattage barbare

Manger de la viande est bien souvent un rituel que l'on nous demande quand nous sommes enfants puis notre goût le fixe ou non à nos usages alimentaires. Parfois une conviction végétarienne nous en éloigne mais elle n'est pas toujours dérivée d'une rébellion à la barbarie qu'enferment nos étals.

Jusqu'à il y a peu, je ne comprenais pas la polémique qu'il y avait à manger halal. Je me disais qu'il s'agissait encore d'un fondement religieux et donc d'une lutte inutile sur un sujet sans fond.

Puis, un autre angle me fut donné : le halal tue dans la barbarie.

Tout celui qui aura connu un jour un amitieux animal domestique témoignera qu'une forme d'intelligence ainsi qu'une affection fidèle lui sont intrinsèques.

Je n'irai pas, comme Brigitte Bardot, à penser (pour peu qu'elle l'eût dit) que l'animal vaut mieux que l'Homme. La Vie n'est pas une imbrication mais une harmonie.

Si l'Homme a de complexes réflexions, il a perdu par exemple la richesse de ses instincts et se heurte parfois à des murs qui ne lui étaient même pas dressés en obstacles.

La grande majorité s'accorde sur le fait que les génocides sont des aberrations mais finalement qu'importent les dévastations quotidiennes de vie animale du moment que l'Homme en est préservé.

Donner la mort au bétail est certes une forme de nécessité si tant est que nous tirions héritage des prémices de notre alimentation. Cependant, les bénéfices industriels directs et indirects ont transformé ce besoin primaire en instrument du Chiffre.

Et la société nous offre de disparates exemples de négation de l'humain au profit d'un rendement toujours plus ascendant.

Alors voilà que certains se disent qu'importe la torture sur la base de profit que devient l'animal, d'autant que la religion semble un créneau porteur!

Et c'est ainsi que sous couvert de l'alimentaire, l'Homme entretient la barbarie des génocides qu'il dénonce; ceux-mêmes pour lesquels de funestes anniversaires du souvenir sont célébrés. Mais la célébration ne vaut pas forcément plus qu'une prière bigote : à peine phrasée, elle libère le vice.

L'animal a un ressenti, une âme.

Aucune vie ne mérite de souffrir du fait d'actes conscients et cruels.

A méditer.

Delphine LAMOTTE

Pétitions 30 millions d'amis


18 mars 2012

La puissance virtuelle

Connaissez-vous Battlenet ?

C'est un réseau de jeu en ligne où, dans mon cas, des utilisateurs internationaux se retrouvent au sein d'une même distraction.

M'enfin...pour certains on se demande si cela reste considéré comme de l'amusement simple!

Combien cherchent à avoir les meilleures armes et armures, les sortilèges les plus destructeurs, les niveaux les plus élevés et cela sur des armées de profils distincts?!

J'ai même lu qu'une fois pour un jeu non encore mis en vente une personne avait versé je ne sais plus quelle somme pour se procurer une arme...virtuelle.

Tout cela dans quel but?

Je dirais que c'est un dérivatif à sa propre vie.

En grandissant, on se laisse prendre au "jeu" de la société et notre "personnage" nous échappe. Nos rêves s'étiolent, nos joies se fânent.

Puis, le virtuel ravive cette part devenue plus obscure de nous en nous donnant une illusoire seconde chance où les limites n'existent que par l'insurmontabilité d'obstacles qui n'existent pas.

La puissance qui nous fait défaut en tant qu'individu découle de l'écran comme de l'argent d'une machine à sous. Soudain, la vulnérabilité devient inconsistante et, drogués par l'intangible d'un univers neuf, nous prenons goût à ce moi illusoire que la société nous empêche d'être.

Parfois, la psyché ne fait plus la part entre le réel et l'irréel et la violence de l'écran prend le pas sur la vie. Les médias nous en font parfois part sans pour autant étudier la teneur des actes eux-mêmes.

La cause n'est pas toujours telle. Certes. Mais si l'on teste le changement de personnalité d'un enfant habitué de ce ludique nocif outre d'un télévisuel préjudiciable, on penchera aisément vers l'existence de cette puissance virtuelle qui scinde à mesure l'Homme entre ce qu'il est et la projection de ses désirs.

Delphine LAMOTTE

La tenue du moi

S'habiller c'est une affaire de mode, de décence et/ou de froid.

Mais c'est aussi pour certains l'expression de leur identité, quand au-delà des modes on cherche à s'harmoniser avec l'essence de notre identité.

La tenue du moi est cet ensemble vestimentaire qui sied à notre aisance plus qu'à notre miroir, qui nous renvoie un sentiment d'auto-satisfaction via notre dégaine et nous donne ainsi une forme d'invulnérabilité sociale.

Il est évident qu'un reflet concordant ne dérivera que d'une introspection bien menée bien que la tenue du moi ne soit qu'une forme de finalité matérielle adaptée à la société.

Delphine LAMOTTE

 

16 mars 2012

La confiance* active

La confiance.

C'est la pierre philosophale de notre individualité, qui change nos autoflagellations issues d'une subjectivité biaisée en une balance plus équitable de qualités et de défauts. Comme dans pas mal de cas, la confiance n'échappe pas à l'overdose et peut mener à un égocentrisme forcené où le déséquilibre serait cette fois en faveur des capacités de l'individu. Mais restons sur l'idée d'un équilibre.

Notre entourage "de coeur" est généralement une source de confiance par une bienveillante aspersion de compliments et louanges dans le but de nous voir grandir. En résultent généralement de notre part un sourire amnésique et de la part de notre bienfaiteur verbal la pesanteur d'un insuccès à nous booster durablement.

Cela revient à verser de l'eau dans une passoire.

C'est en effet sans compter la nécessité d'une confiance active préalable à la confiance passive.

La confiance active est cette entreprise personnelle basée sur une introspection objectivisée de notre moi qui nous aide à colmater nos erreurs de jugement subjectif.

Par exemple, se croire bête à manger du foin ne nous fournira que peu de confiance en nos développements d'idées et malgré les retours positifs que nous pourrions avoir, nous resterions manifestement incrédules quant à la véracité de ces impressions.

Dans ce cas précis, si nous parvenons à nous voir tels que nous sommes et à l'intégrer en luttant contre le schéma subtil qui avait été mis en nous, nous parvenons à colmater ce trompe-l'oeil du défaut d'intelligence.

Ainsi, en nous regardant avec nos yeux et non la vision déformée de juges bien trop sévères, nous mettons en place une confiance pragmatique qui nous permet de devenir le creuset de retours positifs mais en outre de mettre en phase notre ego avec sa vraie nature.

La confiance active devrait donc être un préambule à toute consolidation de la personnalité.

Delphine LAMOTTE

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* confiance en soi 

09 mars 2012

La précréation

Dans l'absolu, il nous faudrait d'abord accoucher de nous-mêmes avant de donner la vie.

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Une naissance en effet ne vaut rien du point de vue de la liberté personnelle si elle n'est accompagnée du sectionnement psychologique de l'ombilic. Combien de souffrances en effet dérivons-nous souvent de notre enfance de façon plus ou moins consciente?

La source de bon nombre de nos incapacités se trouve généralement des dizaines d'années en amont de notre présent, dessinant le lien toujours existant de l'ombilic parental.

Une fois que nous naissons à nous-mêmes nous devenons des egos à part entière sans nécessité de prouver qui nous sommes et en quoi nous croyons. Nous posons alors simplement notre identité profonde sur le flot de la vie.

Ainsi, n'est-il pas ce besoin de précréation pour limiter les souffrances de l'engendré(e)?

Sans précréation, la mise en gigogne des obstacles psychologiques n'accroît-elle pas l'empêchement vers une vie libre du nouveau-né; mais cela est toutefois sans compter son enthousiasme à dénicher sa nature profonde?

Précréer est selon moi un acte de purification fondamental pour asseoir la psychologie de l'enfant sur des bases saines sans le polluer de nos néfastes héritages psychologiques.

Delphine LAMOTTE

 

08 mars 2012

Angus & Julia

Angus & Julia Stone - You're the one that I want / Live acoustique

La fin d'un monde

2012, la fin du Monde, brrr!

Mais oui, c'est c'la, on y croit comme à une fourchette sans dents...

On ne peut certes nier que les catastrophes nous sont diversement rapportées par les medias. Tsunamis, tremblements de terre, explosion d'une centrale d'énergie nucléaire, inondations, tornades..ne sont que des exemples des souffrances que le Monde endure.

Imaginer un nouveau Big Bang alors que la Terre a acquis une forme de stabilité naturelle (certes chaque jour mise un peu plus à mal par les technologies en développement) paraît incohérent voire romanesque.

Cependant, penser qu'au travers de ces micro-chaos se trouve un message destiné à être entendu a selon moi bien plus de substance.

La diversité géographique des phénomènes assure la décentralisation des tourments et ainsi une globalisation plus efficace d'un possible entendement.

Qu'une coupure d'électricité par exemple intervienne et la fragilité de l'électricité est en quelques heures démontrée laissant l'individu nostalgique des premiers temps de maitrise des éléments primaires.

Si l'addition de ces éclats d'un Monde en rupture totalise en la plupart de nous que la technologie, illusion d'optique, n'est qu'une décadence; ne se peut-il pas alors qu'un virage se prenne dans notre façon de vivre?

En cela, si 2012 est réellement marquante, peut-être marquera-t-elle la fin d'un monde...

Delphine LAMOTTE

25 février 2012

Amitiés

Les amitiés sont des amours boîteux.

Delphine LAMOTTE

L'abysse

The Abyss, James Cameron, 1989

Les chemins choisis forment parfois l'abysse de nos belles rencontres, mais telles des trésors marins il ne suffit jamais que d'un mot en lien pour que le sel de l'émotion emprunte la voie des larmes.

Qu'il est puissant de retrouver un instant une amitié endormie, de constater que même si elle s'est érodée elle a bel et bien vécu...pas à son plein régime certes car les obstacles de la vie ne se parsèment pas pour tous en un même espace-temps.

L'humanité est parfois un intangible trésor.

Delphine LAMOTTE