06 février 2010
Hindi Zahra
20:44 Publié dans Musique
L'over-word
La vie offre peu à peu ce recul qui permet de redonner aux mots le sens qui leur correspond.
Avec les années en effet, on comprendra de plus en plus aisément que le sémantisme d'une phrase n'est qu'un medium purgeant l'effervescence d'une émotion.
Les mots peuvent parfois chercher à piquer par leur agressivité ou s'éteindre dans un silence mais ils ne sont pas forcément porteur du sens qui leur est alors donné.
Une méchanceté temporaire pourrait être le reflet d'une frustration situationnelle dont le caractère non-maitrisable pousse à la destruction discursive.
Un silence pourrait être le miroir du mutisme de raisons imprécises, d'une émotion orpheline de compréhension.
En toute chose il faut se fier à notre instinct, à cette étincelle de lumière qu'en nous la Société cherche à souffler. Ne pas écouter les mots mais voir au-delà.
Zazie résume très bien à travers ces lignes ce que nous pourrions entendre en l'illusion d'un tel discours :
"Pauvre pêcheur, fallait lire entre mes lignes.
Pas mordre à mes sautes d'humeur,
Même si je n'en suis pas digne.
Fallait rester zen..."
Delphine LAMOTTE
20:31 Publié dans Réflexions
03 février 2010
La magie du stylographe
Que le dactylographié était rare et respecté antan alors que le caractère d’imprimerie est désormais si vulgarisé par l’usage courant notamment de l’email !
Que d’âmes se sont égarées dans le refus pressé d’employer la plume ou le Bic !
Que de vie nous nous nions chaque jour à user toujours davantage du clavier !
Outre qu’elle permet la perversion graphologique, l’écriture manuscrite est source de mille indices diversement oniriques et intimes.
L’arrondi d’une courbe renvoie au renflement discursif ou à la bonhomie d’une humeur.
La petitesse de caractères évoque l’humilité ou l’avarice d’une page.
Une tache d’encre rend hommage à la maladresse pour l’éternité.
Une larme séchée témoigne de la douleur soulevée par l’écriture, nous offrant le spectacle imaginaire d’un visage affecté par l’émotion.
Une rature fait preuve de défectuosité de la pensée qui, bien que soucieuse de précision, s’est égarée dans la syntaxe.
Le choix de la couleur d’une encre définit la couleur que l’esprit entend donner à la pensée ; le noir sobre et officiel, le bleu débonnaire et frivole, le rouge rebelle et tranchant.
Les polices sont en conclusion un accessoire fort utile mais qui participe à la grande désensibilisation du Monde.
Delphine LAMOTTE
15:39 Publié dans Réflexions
31 janvier 2010
Les traces dans la neige
Quand on marche dans une neige encore fraîche bien que déjà foulée par d'autres pas, il est intéressant de noter le palimpseste de vie qui habille nos traces.
Le pas d'une semelle non crantée me fait m'interroger sur la fiabilité de la démarche sur les quelques plaques de verglas.
Une pointure plus petite que les autres pas du lieu identifie son propriétaire comme étant de sexe féminin. Vers où allait-elle? Etait-ce une balade ou la nécessité de se rendre quelque part qui l'a conduite par là?
Des roues de vélo dont la direction est indétectable forcent le respect. Quelques degrés à peine et l'effort d'une activité physique non remise au lendemain.
Des pattes de chat, de chien, la délicate découpe d'une patte d'oiseau cohabitent dans le calme. Leurs fantômes se tolèrent là où leurs corps se seraient dépecés.
La neige est une communication silencieuse, une paix d'argent.
Delphine LAMOTTE
20:32 Publié dans Réflexions
02 janvier 2010
SLAM 2010
Pour 2010, on se souhaite la santé,
Comme si d'en faire le voeu
Ca allait l'exaucer;
On se prend pour Dieu
A donner des baisers
Et on oublie le monde,
Le reste de l'année.
Pour 2010, on fait des voeux de prospérité,
Comme si l'argent
Ca pouvait se semer,
Mais c'est comme une annonce de gouvernement:
Ca se sème oui
Et ça vole à tous vents.
21:40 Publié dans Poétique
28 décembre 2009
Le savoir éclatant
Le savoir est une sustentation intellectuelle et donc en cela le développement d'une superficialité.
Toutefois, comme l'argent, il offre un aspect du confort humain : l'érudition.
Respectée en soi, elle est garante d'une acceptation sociale d'un niveau plus élevé que la norme.
En similitude sur un point avec le matériel, le savoir possède un stimulus qui lustre au mieux son éclat.
C'est l'implication dans le monde social qui fait office de mélange des connaissances, qui remet en analyse un culture enfouie, qui, par la rencontre dans un discours d'un mot oublié, le remet d'actualité dans notre vocabulaire.
La société est le quizz permanent de notre savoir et en cela lui évite l'ankylose.
Le savoir éclatant est donc un savoir vivant.
Delphine LAMOTTE
11:02 Publié dans Réflexions
26 décembre 2009
Heaven Can Wait
21:20 Publié dans Musique
24 décembre 2009
Le charme de la mort
Sous focale taoïste, chaque parcelle de lumière comporte sa part d'ombre et chaque noirceur possède sa fraction de clarté.
A tort pense-t-on donc que la mort n'est qu'une abjecte fatalité de laquelle la pensée doit se tenir à l'écart sous peine de sombrer dans les affres de la déprime.
Mais le fatum a toujours inspiré notamment à travers l'incontournable spleen baudelairien ...
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;
Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
...et ne cesse d'émouvoir l'opinion au travers de médias plus modernes comme celui du cinéma:
Ghost Dog : La voie du samouraï
envoyé par surfonwebzh. - Court métrage, documentaire et bande annonce.
Par-delà la vulgarisation de l'assassinat loyal, la poésie du film réside dans la funambulesque rencontre de la crème glacée et du calibre, de l'innocence de l'enfance et de la résignation funèbre du tueur à gages, de la transmission d'une sagesse et de l'abrogation d'une vie. C'est en opposant vie et mort que Jim Jarmusch nous aide à comprendre l'importance du souffle.
Et la musique de Marka à travers la mélodie d'un quasi-requiem souligne avec humour cette constante:
C'est décidé je ne veux pas mourir
M'éterniser plutôt qu'en finir
Déjà que je me sens pas bien dans les ascenseurs
Alors dans une caisse en sapin, là j'aurais peur
C'est décidé je ne veux pas mourir
M'éterniser plutôt qu'en finir
Moi qui ai du mal à mettre le feu sous la poële
J'ai pas envie de m'retrouver dans le feu à poil
En somme, si la mort possède un charme, ce n'est que parce qu'elle nous rappelle un peu plus haut et fort que nous sommes vivants.
Delphine LAMOTTE
12:47 Publié dans Réflexions
Les bienfaits de l'hyprocrisie professionnelle
Combien d'offenses descendent l'hypocrisie! Et pourtant le discours doucereux reste libre, tel un mafioso derrière le bouclier du pognon.
Mais s'il reste vrai que l'hypocrisie se déplace avec sa cohorte de sourires feints, elle n'en reste pas moins le salut du moral.
En effet, sur le terrain de la profession, comparez deux ambiances, l'une avec et l'autre sans hypocrisie:
- Ambiance sans : méchancetés directes, tire-tronche sporadique, silences lourds
- Ambiance avec : sourires explicites vecteurs de rancoeurs implicites, gentillesses illusoires, rires
Ainsi, bien que les amertumes n'en demeurent pas moins patentes, leur forme en est plus digeste et permet au moral un repos chimérique davantage qu'une mise sous tension permanente.
En ce sens, l'hypocrisie professionnelle est un bienfait que l'intelligente perfidie de l'Homme met à disposition.
Delphine LAMOTTE
11:34 Publié dans Réflexions
17 décembre 2009
La muerta del amor
La naissance de l'amour est une intraveineuse d'énergie, qui irrigue les veines de tous les possibles et revêt l'utopie d'un manteau de probable. L'individu ressent l'entrain dont il n'aurait jamais dû se départir : aimer est un souffle de vie.
Mais comme pour tout souffle, vient le moment de l'expir, rarement en corrélation avec celui de l'agonie, qui enlève au coeur cette parcelle de vie que le sentiment avait enfantée.
Ce regain d'existence stimulé par une condition extérieure est cependant sitôt adopté du fait qu'il replonge l'Homme dans la vitalité de son enfance. La dette que la vie a auprès de lui contractée lui est alors reversée en sourires avec intérêts.
C'est donc en cela que se départir de l'Amour est inanimer une partie de nous, restituer cet endettement d'existence trop prestement acquitté.
L'individu devient un défunt d'émotions, aux fragments évaporés vers un ailleurs encore latent; aux fragments palimpsestes sur le carbone des souvenirs.
Alors, l'Amour est une mort mais une mort bien douce quand a agi l'onguent du Temps.
Delphine LAMOTTE
11:25 Publié dans Réflexions


