12 septembre 2009

"Je comprends vite mais il faut me longtemps expliquer"

"Je comprends vite mais il faut me longtemps expliquer" reprend dans le français parfois polako-approximatif qui fut celui de ma grand-mère le thème de l'adaptabilité.

Nous avons tous nos points forts et nos points faibles. La meilleure mise en exergue en est le parcours scolaire.

Ainsi, il arrive que certains domaines nous paraissent plus obtus que d'autres car notre logique y fait barrage.

Il y a donc des moments où je repense au sourire de mon aïeule, qui disait, pour s'excuser de ne pas comprendre du premier coup : "Je comprends vite mais il faut me longtemps expliquer".

Cette phrase possède pour moi l'ambivalence qui épargne la médiocrité : ce n'est pas parce que notre esprit n'intègre pas une logique immédiatement qu'il n'est pas sagace. Cette somme de mots désorganisés ne fait pas l'aveu de sottise : la compréhension ne dépend que d'une variante temporelle.

D'ordinaire nous dirions instinctivement : "je ne comprends pas" et nous ferions une déclaration (pourtant erronée) d'imbécillité.

Ainsi, n'oublions pas que la couleur(*) de la constatation que nous faisons de nous-mêmes est l'acide ou l'engrais de notre confiance.

Delphine LAMOTTE

* optimiste ou pessimiste

14:06 Publié dans Réflexions

10 septembre 2009

Grippe A(nti savoir-vivre)

La grippe, maladie qui craint l'anonymat, change régulièrement de nom (comme Prince) alternant l'espagnol, l'asiatique, l'aviaire, et désormais le mexicain.

Le voyage à travers les pays n'a pourtant jamais été si risqué malgré que nous restions en nos régions.

Ainsi donc, la grippe est parvenue, à force de persévérance, à s'imposer comme star de la rentrée 2009/2010 nous proposant ses collections de liquide bactéricide, de masques et précautions en tous genres.

En bonne vedette du blockbuster "A H1N1", elle a su se mettre en image grâce à ses connexions étroites avec les medias.

L'image pour moi la plus ridicule est celle reprise ci-dessous :

grippe A.jpg
Le virus fait une révolution spectaculaire chez l'Homme bien avant que l'Homme ne révolutionne la maladie par la trouvaille d'un vaccin approprié : la grippe anéantit le savoir-vivre des plusieurs générations.
Enfants, nous avons enduré les leçons de nos géniteurs visant à amener nos gestes vers la visibilité du soin de notre personne.
Etre propre donnait alors le début de la définition du Bien.
Qu'un virus arrive et l'on nous invite à nous comporter en autochtones de porcherie.
Comme quoi...le savoir-vivre parfois ne tient qu'à un fil et ce n'est pas celui à couper le beurre.
Delphine LAMOTTE

17:25 Publié dans Réflexions

07 septembre 2009

Mon chat

Olives effilées du velours d’un regard

Tes yeux illuminent ton doux poil noir

- Ebène bannière bientôt de la mort –

Pourquoi la vie reste sourde à l’encore?

Delphine LAMOTTE

19:23 Publié dans Poétique

06 septembre 2009

"N'y pinche plus"

L’une des mes acquaintances me renvoie régulièrement à la base de ma régionale  « chtilosophie » en articulant cette mélodie argotique : « N’y pinche plus ».

Pour qui est éloigné de l’accent nordiste, la phrase aura certes une consonance singulière.

Toutefois pour l’autochtone du Nord, elle sonnera comme l’essence de la sagesse.

Ne pas penser permet de ne pas porter à ébullition le futile, qui ne serait au final qu’une marmite d’eau bouillie et ne rendrait aucunement le nectar d’une vichyssoise.

Cette injonction à la décérébralisation est un écho patoisant de la Sagesse Orientale enjoignant elle aussi de ne pas s’accrocher aux pensées en mouvement.

Sous ses allures de philosophie de bazar, le « n’y pinche plus » est donc une véritable doctrine sous couvert.

Delphine LAMOTTE

15:06 Publié dans Réflexions

05 septembre 2009

Haine

La haine est un amour aigre.

Delphine LAMOTTE

12:27 Publié dans Citations

02 septembre 2009

Marche

Pédestre acquaintance de notre origine

Frappant à la porte du Repos;

La marche, de malice, tapote sur le caveau

Un rythme de vie qui plaît aux oiseaux.

Delphine LAMOTTE

 

23:02 Publié dans Poétique

Amour incongru

Qu'il semblerait incongru qu'un étranger vous prenne dans ses bras pour apaiser une tristesse qu'il aurait décelée en vous.

Et pourtant au fond de nous, n'a-t-on pas envie de nous épancher auprès de quelqu'un d'innocent à notre existence?

C'est en freinant nos élans de compassion que nous traçons le chemin qui nous éloigne de nous-mêmes.

Delphine LAMOTTE

22:20 Publié dans Réflexions

15 juillet 2009

Grimace

La grimace est le sourire de la rancoeur.

Delphine LAMOTTE

21:49 Publié dans Citations

09 juillet 2009

Innocence - Aïe non-sens

L'innocence peut tuer.

Bien évidemment pas au sens propre car elle ne porte pas d'armes.

Mais le désespoir psychologique qui peut découler d'une innocence contrariée est en soi la mort de l'enthousiasme existentiel.

La pensée pure est par essence moralisée.

Toutefois, l'immaculé du sentiment qui en découle est la plupart du temps une chose insaisissable dans l'atmosphère dissolue que notre siècle développe. Ainsi, percevons-nous bien souvent la sensibilité la plus angélique comme le masque d'un inavouable instinct.

Si l'on métaphorise : nous photographions la vie à travers le filtre du vice.

Un doute est semé par l'un, confirmé à l'occasion par un autre et il gangrène de là le coeur-même de l'innocence, n'osant pas la distinction de peur de laisser la moindre inconduite impunie.

Le principe en est à la base bon : entretenir la morale en portant la focale sur la moindre suspicion.

Mais cela est sans compter que la méfiance prend racine en toute chose, fut-elle pure ou impure.

Ceci qui fait naître le non-sens.

En conséquence, l'innocence ne reste que l'apanage de l'Enfance - règne de la clairvoyance - étant brutalement retirée à l'adulte par l'accusation ou la honte.

Pourtant si l'innocence gardait sa place, bien des égos retrouveraient les traces de leur égarement.

La candeur n'a pas de logique, elle obéit à la pureté d'un ressenti.

Ne pas penser là où l'on ressent est le basique du bien-savoir.

On ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux. (Antoine de Saint-Exupéry - Le Petit prince)

Delphine LAMOTTE

 

20:07 Publié dans Réflexions

02 juillet 2009

Sun stroke

Stroking the clouds might be

Humans' weird or curious utopy

But fingering a wavy sorrow

Is Fate's ironical sneering bow.

Delphine LAMOTTE

21:34 Publié dans Poétique