28 décembre 2009

Le savoir éclatant

Le savoir est une sustentation intellectuelle et donc en cela le développement d'une superficialité.

Toutefois, comme l'argent, il offre un aspect du confort humain : l'érudition.

Respectée en soi, elle est garante d'une acceptation sociale d'un niveau plus élevé que la norme.

En similitude sur un point avec le matériel, le savoir possède un stimulus qui lustre au mieux son éclat.

C'est l'implication dans le monde social qui fait office de mélange des connaissances, qui remet en analyse un culture enfouie, qui, par la rencontre dans un discours d'un mot oublié, le remet d'actualité dans notre vocabulaire.

La société est le quizz permanent de notre savoir et en cela lui évite l'ankylose.

Le savoir éclatant est donc un savoir vivant.

Delphine LAMOTTE

 

11:02 Publié dans Réflexions

24 décembre 2009

Le charme de la mort

Sous focale taoïste, chaque parcelle de lumière comporte sa part d'ombre et chaque noirceur possède sa fraction de clarté.

A tort pense-t-on donc que la mort n'est qu'une abjecte fatalité de laquelle la pensée doit se tenir à l'écart sous peine de sombrer dans les affres de la déprime.

Mais le fatum a toujours inspiré notamment à travers l'incontournable spleen baudelairien ...

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

...et ne cesse d'émouvoir l'opinion au travers de médias plus modernes comme celui du cinéma:

Ghost Dog : La voie du samouraï
envoyé par surfonwebzh. - Court métrage, documentaire et bande annonce.

Par-delà la vulgarisation de l'assassinat loyal, la poésie du film réside dans la funambulesque rencontre de la crème glacée et du calibre, de l'innocence de l'enfance et de la résignation funèbre du tueur à gages, de la transmission d'une sagesse et de l'abrogation d'une vie. C'est en opposant vie et mort que Jim Jarmusch nous aide à comprendre l'importance du souffle.

Et la musique de Marka à travers la mélodie d'un quasi-requiem souligne avec humour cette constante:

C'est décidé je ne veux pas mourir
M'éterniser plutôt qu'en finir
Déjà que je me sens pas bien dans les ascenseurs
Alors dans une caisse en sapin, là j'aurais peur
C'est décidé je ne veux pas mourir

M'éterniser plutôt qu'en finir
Moi qui ai du mal à mettre le feu sous la poële
J'ai pas envie de m'retrouver dans le feu à poil

En somme, si la mort possède un charme, ce n'est que parce qu'elle nous rappelle un peu plus haut et fort que nous sommes vivants.

Delphine LAMOTTE

12:47 Publié dans Réflexions

Les bienfaits de l'hyprocrisie professionnelle

Combien d'offenses descendent l'hypocrisie! Et pourtant le discours doucereux reste libre, tel un mafioso derrière le bouclier du pognon.

Mais s'il reste vrai que l'hypocrisie se déplace avec sa cohorte de sourires feints, elle n'en reste pas moins le salut du moral.

En effet, sur le terrain de la profession, comparez deux ambiances, l'une avec et l'autre sans hypocrisie:

  1. Ambiance sans : méchancetés directes, tire-tronche sporadique, silences lourds
  2. Ambiance avec : sourires explicites vecteurs de rancoeurs implicites, gentillesses illusoires, rires

Ainsi, bien que les amertumes n'en demeurent pas moins patentes, leur forme en est plus digeste et permet au moral un repos chimérique davantage qu'une mise sous tension permanente.

En ce sens, l'hypocrisie professionnelle est un bienfait que l'intelligente perfidie de l'Homme met à disposition.

Delphine LAMOTTE 

11:34 Publié dans Réflexions

17 décembre 2009

La muerta del amor

La naissance de l'amour est une intraveineuse d'énergie, qui irrigue les veines de tous les possibles et revêt l'utopie d'un manteau de probable. L'individu ressent l'entrain dont il n'aurait jamais dû se départir : aimer est un souffle de vie.

Mais comme pour tout souffle, vient le moment de l'expir, rarement en corrélation avec celui de l'agonie, qui enlève au coeur cette parcelle de vie que le sentiment avait enfantée.

Ce regain d'existence stimulé par une condition extérieure est cependant sitôt adopté du fait qu'il replonge l'Homme dans la vitalité de son enfance. La dette que la vie a auprès de lui contractée lui est alors reversée en sourires avec intérêts.

C'est donc en cela que se départir de l'Amour est inanimer une partie de nous, restituer cet endettement d'existence trop prestement acquitté.

L'individu devient un défunt d'émotions, aux fragments évaporés vers un ailleurs encore latent; aux fragments palimpsestes sur le carbone des souvenirs.

Alors, l'Amour est une mort mais une mort bien douce quand a agi l'onguent du Temps.

Delphine LAMOTTE

11:25 Publié dans Réflexions

13 décembre 2009

Le toucher

Le toucher le plus pérenne n'est pas celui de la peau mais celui des émotions qui irriguent le coeur.

Delphine LAMOTTE

19:36 Publié dans Réflexions

04 décembre 2009

La faille

Les consumérismes matériel et spirituel nous poussent à croire que l'individu le plus attirant est une personne belle, ambitieuse, talentueuse, sereine et j'en passe.

Mais qu'y a-t-il de plus beau que de découvrir les failles et faiblesses d'autrui? Cette parcelle tremblant d'être découverte, cette honte infondée, cette anorexie de confiance...

De même que pour la fragilité ciselée d'une fleur ou le titubant d'un jeune animal éclopé, la faille soulève une vague d'émotions que le matérialisme ne saura jamais égaler.

Ainsi, il faut garder à l'esprit que nos failles sont pour certains une caractéristique unique de nous-mêmes qui peut aller jusqu'à exprimer un charme sensible et rare.

Delphine LAMOTTE

17:11 Publié dans Réflexions

Le deuil par procuration

Il est certains sentiments qui nous animent sans que nous ne soyons nécessairement en lien direct avec leur cause-racine.

Ce soir c'est le deuil par procuration qui me vint à l'esprit en pensant à la peine d'une personne que j'estime pour une autre, malade, que cette dernière entoure de tendresse. Cette mise en gigogne d'un amour sincère et presque filial éclairé de fatalité m'a poussée à imaginer le sentiment qui m'envahirait le moment venu.

Et c'est ainsi que l'ombre de larmes a envahi mon front en faisant naître une peine presque impensable : le deuil d'une personne que je ne connais pas.

Extrapolé toutefois c'est ce même sentiment qui permet de compâtir aux atrocités mondiales et d'avoir l'utopie de rêver à une planète meilleure.

Ne pas cesser de ressentir pour continuer à comprendre.

Delphine LAMOTTE

16:53 Publié dans Réflexions

13 novembre 2009

L'amour en chanson

"Tintin, envoie le générique!" entendrait-on presque comme le fantôme d'un commentaire énervé cher à Sevran.

Toutefois, 'amour en chanson' n'équivaut pas systématiquement à chanson niaise et sentimentaliste et peut se différencier de la source d'une réflexion du même acabit.

A contrario de la société qui dissèque l'amour en diverses variétés (filial, amical, amoureux, matériel etc...) et sexualités, la chanson se veut le réceptacle interactif d'un amour pâte à modeler.

La remarque s'applique aussi à la littérature mais la chanson, plus ponctuelle et émotionnellement biangulaire, sera plus adaptable à l'empirisme de l'auditeur.

Par exemple, une chanson comme Unintended de Muse pourra faire appel à l'Amour aussi bien qu'à la loyauté d'une amitié:

You could be my unintended
Choice to live my life extended
You could be the one I'll always love
You could be the one who listens to my deepest inquisitions
You could be the one I'll always love

Autre exemple dans la langue de Molière cette fois, Mon autre de Lara Fabian :

Toi, tu es mon autre
La force de ma foi ma faiblesse et ma loi
Mon insolence et mon droit
Moi, je suis ton autre
Si nous n'étions pas d'ici nous serions l'infini

Ici aussi l'on aura bien évidemment tendance à rapprocher cela du concept amoureux d'âme soeur, toutefois si on le voit sous l'angle de l'hommage rendu à un homonyme d'émotions la connotation sera davantage amicale voire universelle, tel un lien tissé sur le monde pour rapprocher deux individus par-delà les frontières. On peut y lire aussi une analyse fraternelle. L'empirisme nous guide vers notre besoin d'interprétation; il dirige l'amour vers la sensibilité la plus parlante au moment de l'écoute.

Menant la pensée plus en avant, la chanson est aussi le confluent indifférenciateur des sexualités.

En effet, le "You could be the one" ou le "Toi, tu es mon autre" peuvent, sous l'angle affectif, aussi bien s'exprimer à la sauce hétérosexuelle, homosexuelle, bisexuelle ou transexuelle.

Ainsi, forte de créer une interaction de l'humain vers l'amour multi-facettes, la chanson est-elle en outre l'incarnation de la paix émotionnelle sur laquelle la société devrait prendre modèle.

Delphine LAMOTTE


21:06 Publié dans Réflexions

07 novembre 2009

Le date

Que vous oubliiez l'anniversaire d'une personne très proche, celui d'une rencontre ou d'un jour d'une importance spécifique et l'on vous en voudras probablement.

La date est alors un test d'affectivité.

Mais oublier la date d'un décès est la préservation de l'itération ponctuelle d'une douleur plus intense.

Delphine LAMOTTE

17:35 Publié dans Réflexions

05 novembre 2009

Le mandala humain

Le film Esprits Rebelles avait pour credo : "Dans la vie c'est toujours une question de choix".

Je suis assez d'accord avec cette idée mais j'aimerais toutefois partiellement la nuancer. On ne choisit pas la fatalité d'une maladie ou d'un deuil.

Par contre le choix se portera sur notre attitude face à ces écueils d'existence : on peut se préparer à sombrer ou à louvoyer.

Ainsi, se forme l'image du mandala humain.

Un mandala est un ensemble de précisions colorées enchevêtrées qui rappelle par sa destruction que rien n'est jamais acquis à l'Homme.

Ainsi, la fatalité est-elle ce souffle sur notre existence pour en enlever temporairement les couleurs de façon à ce que nous puissions reconstruire à neuf, nous investissant d'un optimisme recouvré.

Toutefois, nous réagissons pour la plupart différemment et c'est ce qui affadit notre entrain.

En effet, notre optimisme devient décadent d'épreuve en épreuve et certains d'entre nous, parmi les moins bons élèves, s'enterrent de lassitude.

L'image du mandala a donc une portée universelle.

Delphine LAMOTTE

 

 

18:00 Publié dans Réflexions

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